Nous continuerons à occuper les rues dans la lutte pour des élections démocratiques et pour les droits du peuple brésilien

 

Au cours de cette semaine, au Brésil, et dans plusieurs villes dans le monde, nous avons été des centaines de milliers de personnes mobilisées dans la distribution de pamphlets, la réalisation de cours publiques, des vigiles, des marches, des actes, des blocages de routes et occupations d’espaces publiques dans le but de dialoguer et d’avertir la société quant à cette farce, travestie de jugement, qui s’organisait à Porto Alegre et ce qu’elle représente : la continuité du coup d’État mis en place depuis 2016.

 

Ce matin, le pays s’est réveillé en se posant des questions à propos des preuves contre l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva. Malgré le fait de ne pas être capable de les présenter, les juges du tribunal Régional Fédéral de la 4ème Région ont décidé de se mettre à part de la justice et de la vérité, en maintenant une condamnation injuste.

 

Le résultat n’a pas été une surprise. Certains secteurs du système judiciaire, qui devraient défendre la justice autant que bastion, ont porté soutien à l’attaque entrepris contre l’État démocratique de droit et à présent, dans un jugement politique, ont été à nouveau les protagonistes d’un acte qui a porté encore un coup à la démocratie brésilienne.

 

Dans un temps record, les juges ont lu tous les documents, les témoignages de 73 personnes et n’ont présenté aucune preuve. Rien. Le principal argument, nous le savons bien, pour condamner Lula est le fait qu’il soit en première position dans toutes les enquêtes électorales pour les prochaines présidentielles au Brésil. Ils veulent vaincre Lula sur leur terrain. 

 

Priver le peuple brésilien du droit de choisir son candidat à la présidence dans des élections libres et l’empêcher de participer à la définition de l’avenir du pays, ce sont des conditions pour imposer le programme de diminution des droits des travailleurs, la destruction de l’État social, la disposition de nos ressources naturelles et la soumission à l’impérialisme Américain. 

 

Les médias bourgeois, notamment Rede Globo, agissent autant qu’instrument de lutte idéologique pour manipuler la société et intimider ceux qui ne sont pas alignés à leurs intérêts politiques.

 

Malgré le fait de ne pas avoir des preuves contre Lula, il existe plusieurs “reportages” de journaux ainsi que des “commentaires” dans des programmes de télévision pour présenter des preuves, qui ne sont que des mensonges inventés par des entreprises de communication qui soutiennent le programme de destruction national qui ravage le pays.

 

Ce n’est pas seulement le droit à Lula d’être candidat qui est en jeu. C’est l’avenir du système judiciaire et de la démocratie. Nous vivons sous un État d’exception dans lequel un gouvernement illégitime, installé par un parlement qui a mis en place un coup d’état, dont le système judiciaire s’associe et fait de la politique au lieu de faire justice.

 

Les forces qui gouvernent le pays depuis ce coup d’État qui a éloigné la première femme élue présidente au Brésil, Dilma Roussef, continuent de priver le peuple brésilien des prises de décisions concernant l’avenir du pays. Ces forces craignent le résultat des processus électoraux, elles craignent la volonté du peuple et pour cela, elles essayent d’empêcher Lula d’être candidat. 

 

Ce sont des secteurs qui exploitent la Nation, qui retirent les ressources financières destinées à l’éducation, aux sciences et technologie, à la santé publique et au service social. Ces secteurs ont attaqué la Constitution Fédérale de 1988, les lois qui règlent le travail avec la réforme de ces dernières, et qui continuent de soustraire des droits au peuple brésilien, tous les jours. Leur prochain pas concerne la retraite des travailleurs. 

 

Notre lutte n’a pas commencé et n’en finit pas aujourd’hui. La lutte pour la démocratie continuera dans les tribunaux, dans les rues et dans les réseaux sociaux, ainsi que la lutte pour la défense de la retraite des travailleurs qui est actuellement menacée par une réforme des lois discutée en ce moment dans le Congrès. Le Front Brésil Populaire se joint aux centrales syndicales qui affirment que si cette réforme se fait voter, le Brésil s’arrêtera ! 

 

Mais notre plus grand défi est celui de construire des alternatives pour faire face à la crise politique et économique qui ravagent notre pays et de répondent aux intérêts de la majorité de notre peuple. Pour cette raison, le Front Brésil Populaire fait appel à toutes et à tous qui veulent faire du Brésil une Nation forte, développée, indépendante, avec du travail et de la justice sociale, à s’engager   à la construction du Congres du Peuple Brésilien, pour débattre l’avenir du pays et pour organiser nos luttes.

 Nous continuerons à dénoncer que des élections sans Lula sont une fraude et que cela approfondi le coup d’État. Nous continuerons à dénoncer et à combattre les attaques aux droits de l’homme, conquis par le peuple, ainsi les attaques au patrimoine de la nation. Seules l’unité et la mobilisation populaire peuvent mettre fin à cette crise et semer les grains d’un avenir de prospérité et de dignité au peuple brésilien.

 

*Frente Brasil Popular

Foto de Rafael/Mídia Nínja

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